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Récit de la mise en scène

Qui ne s’est-il jamais senti humilié dans son univers professionnel ? Le mépris exercé à l’encontre du personnage de La conférence de Christophe Pellet n’est pas l’apanage des seuls hommes ou femmes de théâtre. Malheureusement, le dédain est très répandu dans de nombreux secteurs professionnels. A ce titre, La conférence de Christophe Pellet parle à la fois du monde du travail et de l’atmosphère de mépris qui y règne parfois.

La pièce relate l’histoire d’un homme (auteur ? metteur en scène ? comédien ?) invité à faire une conférence dans un grand théâtre national et du fait de la suffisance du personnel de la direction du théâtre, la séance se déroule mal… Incapable de digérer son amertume, l’homme soliloque à l’issue de la rencontre.

La Conférence de Christophe Pellet déplore la fin d’un monde (la disparition des directeurs-trices de théâtres naguère militant-e-s de l’éducation artistique et populaire) et l’avènement d’un nouveau monde (n’ayant plus grand-chose à voir avec l’art ? Le monde de l’ingénierie culturelle avec son cortège de directeurs-ingénieurs -  non plus de théâtres, mais d’entreprises culturelles -  comme ils sont désignés par la pièce).

Pour l’auteur, la pièce devrait se dérouler sur la scène vide d’un théâtre, puis dans un restaurant déserté…

Notre spectacle se déroulera dans « un petit… salon »...

Le monologue (le fait de parler à qui ?) deviendra… très théâtral. Les paroles (ultra-véhémentes) de notre personnage ne se destineront pas aux spectateurs, ces derniers n’étant pas responsables ni coupables de ce qui arrive au personnage (le diagnostic sur la situation théâtrale française porté par la pièce fût-il juste ou injuste, qu’importe).

A qui donc s’adressera notre personnage ?

Dans notre mise en scène, Thomas Blanguernon (le héros de la pièce de Christophe Pellet) s’installera sur la banquette d’un salon (un domicile privé ? un café ? un hall d’hôtel ? le décor d’une… conférence ?) où il rejoindra un homme muet, un alter-ego, qui l’écoutera avec bienveillance et attention, comme un ami, représentatif à la fois du metteur en scène du spectacle (Jean-Michel Potiron), des autres personnages de la pièce : Léo Fraticelli (l’auteur parasite), Moritz Guttenberg (l’ami allemand) et des metteurs en scène chefs d’entreprise culturelles tels que la pièce de Christophe Pellet les dénonce.

Sortant à maintes reprises de leurs rôles respectifs, les comédiens (Benjamin Mba et Jean-Michel Potiron) exécuteront plusieurs digressions aussi diverses que : la colère du metteur en scène amené à quémander des moyens pour réaliser ses projets (la légitimité artistique), la colère du comédien imputable à sa couleur de peau : un homme noir dans un monde de blancs (le racisme), les faits et méfaits de l’Etat français, l’existence de l’esprit français, les bénéfices et les ennuis du monde du travail, l’affaire Papon, l’égalité homme-femme… Digressions qui deviendront autant de bouffées d’air pour les spectateurs…

Jean-Michel Potiron