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Récit de la mise en scène

Composée de cinq parties, la pièce Concert à la Carte de Franz-Xaver Kroetz décrit la soirée d'une femme seule qui finit par se suicider.

Après sa journée de travail, Mlle Rasch retrouve sa chambre meublée. Elle s’acquitte de diverses tâches ménagères en manifestant un soin obsessionnel de propreté, et trouve quelques distractions dans des travaux de broderie et l’écoute de l’émission de radio Concert à la carte qui diffuse des airs à la mode à la demande des auditeurs. Après s’être couchée, Mlle Rasch se relève pour chercher une boîte de somnifères, puis avale l’un après l’autre les comprimés qu’elle a à sa disposition.

Pour sa mise en scène d’Apocalypsis, Jean-Michel Potiron a profondément modifié la signification de la pièce. Mlle Rasch rentre chez elle, non pas dans son sous-meublé mais dans son lieu de vie, une… cave. Tout aussi muette que dans la pièce de Franz-Xaver Kroetz, elle n’écoute pas l’émission de Radio Concert à la carte, mais France Culture (l’émission « Ping-Pong » annonçant une baisse drastique des subventions pour le Théâtre du Nord puis faisant le récit de la grande exposition de Philippe Parenno au Palais de Tokyo à Paris ; puis « La dispute » d’Arno Laporte, puis enfin « Hors Champ » une émission de Laure Adler sur le cinéaste Olivier Assayas). Contrairement à la pièce de l’auteur allemand, elle ne lit pas les publicités de supermarchés, mais « Le Monde » et « Libé ». Elle ne fait pas de la tapisserie mais prépare les accessoires de ses prochaines représentations (elle est donc comédienne) ; elle étudie (Pasolini) et quand elle se couche, tandis qu’au-dessus de sa tête défile les titres des plus grandes mises en scène de théâtre des cinq dernières années, elle compulse la programmation du Théâtre Vidy de Lausanne avant de se relever pour se suicider, non avec des médicaments, mais d’une balle dans la tête (se contentant de déposer l’arme devant elle sur la table de cuisine en formica)…


Au fil des représentations, le metteur en scène s’est senti obligé de faire en préalable la communication suivante aux spectateurs : « Apocalypsis est un spectacle qui ne fait pas l’unanimité. Le metteur en scène en est désolé. Ne pas aimer un spectacle fait partie des choses qui arrivent. Par égard pour la comédienne, pour les autres spectateurs et pour vous-même, le metteur en scène vous remercie de respecter l’atmosphère d’attention qu’il a souhaité pour la représentation. »

Apocalypsis a été joué dix fois dans le cadre du Festival de Caves à Besançon.